Sur le parvis du Musée MATISSE de Nice,

le samedi 21 juin 2014 :

concert de la COMPAGNIE SO WHAT autour de l'Expo de l'été,

"Henri Matisse, Nice : le rêve des odalisques"

avec des texte de JMG Le Clézio dits par Michel SEYRAT

 

Photos : Hélène Verduno, Julie Benvenuto, Martine Lapchin, Jacques Lerognon, Jean-Luc Gag

Une courte vidéo signée Julie Benvenuto

 

 

La COMPAGNIE SO WHAT et l'Expo de l'été : "Henri Matisse, Nice: le rêve des odalisques", avec les textes dits par Michel SEYRAT

Voici maintenant cinq ans que le Musée Matisse intègre une séquence musicale de la CSW sur le thème de l'exposition temporaire. Après Matisse et la musique en 2013, le musée apporte un nouvel éclairage sur ces liens de Matisse à Nice à travers le thème des odalisques.
Pour préparer ce concert, c'est tout un travail en amont des musiciens pour écrire une heure de musique. Nous vous livrons un résumé de ces réflexions que vous retrouverez également dans une des salles du Musée.
Depuis la campagne d'Egypte de Bonaparte (1798-1801), la fascination pour l'Orient traverse tout l'art Occidental. Mais Nice n'a pas attendu Napoléon pour s'intéresser à l'orientalisme.
Les paysages, architectes, écrivains, peintres que pourra côtoyer Matisse à Nice sont depuis longtemps dans cette tendance orientaliste.
Le paysage végétal : les orangers arrivent dans le Comté avec les Croisés par Bordighera en même temps que les palmiers utilisés pour les palmes tressées du Vatican. Et surtout, Gustave Thuret acclimate en 1857 au Cap d'Antibes des végétaux exotiques qui contribuent à la transformation de notre paysage végétal, conseille Daniel Hambury pour la création du jardin de la Mortola, ou le vicomte Vigier qui introduit en 1864 les palmiers Phoenix canariensis dans son parc.
Les peintres niçois ou ayant leur atelier à Nice ne sont pas en reste : Bonamici, Herst, Lessieux, Martin Sauvaigo, feront comme tant d'autres le voyage en Orient. Mais surtout Fricero et Ziem seront des peintres voyageurs qui parcourront tout le Moyen-Orient et en ramèneront leurs lumières méditerranéennes.
Le paysage littéraire leur emboite le pas.
Apollinaire, évoque les Maures du Fraxinet et les palmiers de Bordighera.
George Sand décrit "l'exotisme de la végétation : lentisques, myrtes et arbousiers" qu'elle dépeint comme un décor oriental.
Alphonse Karr parle "des pâleurs d'opale, des luminosités vaporeuses, et des sècheresses de pierres déjà vues en Algérie."
André Theuriet campe les odalisques du vieux Nice : "de grandes filles aux jupes douteuses, aux cheveux noirs relevés en casque sur le front [ …] quand une coulée de soleil se répandait tout à coup par une échancrure dans l'obscurité d'une rue, cela suggérait des rêves d'Orient."
Jules Romains décrit le quartier de la Chapa : "J'ai descendu la rue des Ponchettes. Je ne connais pas l'Orient, mais à ces heures là, le grouillement dans les rues, placettes et passages voutés qu'enferme le double rempart de mer me parait prendre une physionomie arabe. Il n'y manque pas des tentes de couleur, ni la vue d'un palmier profilé sur l'horizon marin, au-delà de l'arcade."
Enfin, les architectes s'éloignent de la tradition locale, pour construire des folies "indo-troubadour" comme le "Château de l'Anglais", et une floraison de villas mauresques envahit Nice. En 1889, un Orient de fantaisie triomphe avec le casino de la Jetée Promenade, et ses minarets, surchargés et coiffés de croissants. Ce style se retrouve dans l'hôtel Alhambra qui domine le boulevard de Cimiez de ses minarets, de ses façades décorées, et de ses fenêtres aux arcs outrepassés.

 

Emmanuelle SOMER (cor anglais) ; Alex BENVENUTO (Clarinette basse) ; Laurent LAPCHIN (Bugle) ; Thomas GUILLEMAUD (sax soprano); Jean-Marc LAUGIER (Contrebasse) ; Cédric FIORETTI (Batterie)

et

Michel SEYRAT (textes)