Photos : Hélène Verduno, Julie Benvenuto, Martine Lapchin, Jacques Lerognon, Jean-Luc Gag
Une courte vidéo signée Julie Benvenuto
La COMPAGNIE SO WHAT et l'Expo de l'été : "Henri Matisse, Nice: le rêve des odalisques", avec les textes dits par Michel SEYRAT
Voici
maintenant cinq ans que le Musée Matisse intègre une séquence
musicale de la CSW sur le thème de l'exposition temporaire. Après
Matisse et la musique en 2013, le musée apporte un nouvel éclairage
sur ces liens de Matisse à Nice à travers le thème des
odalisques.
Pour préparer ce concert, c'est tout un travail en amont des musiciens
pour écrire une heure de musique. Nous vous livrons un résumé
de ces réflexions que vous retrouverez également dans une des
salles du Musée.
Depuis la campagne d'Egypte de Bonaparte (1798-1801), la fascination pour l'Orient
traverse tout l'art Occidental. Mais Nice n'a pas attendu Napoléon pour
s'intéresser à l'orientalisme.
Les paysages, architectes, écrivains, peintres que pourra côtoyer
Matisse à Nice sont depuis longtemps dans cette tendance orientaliste.
Le paysage végétal : les orangers arrivent dans le Comté
avec les Croisés par Bordighera en même temps que les palmiers
utilisés pour les palmes tressées du Vatican. Et surtout, Gustave
Thuret acclimate en 1857 au Cap d'Antibes des végétaux exotiques
qui contribuent à la transformation de notre paysage végétal,
conseille Daniel Hambury pour la création du jardin de la Mortola, ou
le vicomte Vigier qui introduit en 1864 les palmiers Phoenix canariensis dans
son parc.
Les peintres niçois ou ayant leur atelier à Nice ne sont pas en
reste : Bonamici, Herst, Lessieux, Martin Sauvaigo, feront comme tant d'autres
le voyage en Orient. Mais surtout Fricero et Ziem seront des peintres voyageurs
qui parcourront tout le Moyen-Orient et en ramèneront leurs lumières
méditerranéennes.
Le paysage littéraire leur emboite le pas.
Apollinaire, évoque les Maures du Fraxinet et les palmiers de Bordighera.
George Sand décrit "l'exotisme de la végétation :
lentisques, myrtes et arbousiers" qu'elle dépeint comme un décor
oriental.
Alphonse Karr parle "des pâleurs d'opale, des luminosités
vaporeuses, et des sècheresses de pierres déjà vues en
Algérie."
André Theuriet campe les odalisques du vieux Nice : "de grandes
filles aux jupes douteuses, aux cheveux noirs relevés en casque sur le
front [
] quand une coulée de soleil se répandait tout à
coup par une échancrure dans l'obscurité d'une rue, cela suggérait
des rêves d'Orient."
Jules Romains décrit le quartier de la Chapa : "J'ai descendu la
rue des Ponchettes. Je ne connais pas l'Orient, mais à ces heures là,
le grouillement dans les rues, placettes et passages voutés qu'enferme
le double rempart de mer me parait prendre une physionomie arabe. Il n'y manque
pas des tentes de couleur, ni la vue d'un palmier profilé sur l'horizon
marin, au-delà de l'arcade."
Enfin, les architectes s'éloignent de la tradition locale, pour construire
des folies "indo-troubadour" comme le "Château de l'Anglais",
et une floraison de villas mauresques envahit Nice. En 1889, un Orient de fantaisie
triomphe avec le casino de la Jetée Promenade, et ses minarets, surchargés
et coiffés de croissants. Ce style se retrouve dans l'hôtel Alhambra
qui domine le boulevard de Cimiez de ses minarets, de ses façades décorées,
et de ses fenêtres aux arcs outrepassés.
Emmanuelle SOMER (cor anglais) ; Alex BENVENUTO (Clarinette basse) ; Laurent LAPCHIN (Bugle) ; Thomas GUILLEMAUD (sax soprano); Jean-Marc LAUGIER (Contrebasse) ; Cédric FIORETTI (Batterie)
et
Michel SEYRAT (textes)