LE VENDREDI 31 JANVIER : SO WHAT, LE RETOUR...

A LA LIMITE DE L'APOPLEXIE !!!

Que s'est-il passé entre la fin de l'année 2002, marquée par les Sixièmes Rencontres de Jazz de La Gaude, et cette fin janvier 2003 ? Un déclic, une étape de plus ? Certes, nos amis de TSF, la Radio du Jazz, lauréate des derniers Trophées du Jazz de la Côte d'Azur pour la catégorie "animation", n'y sont pas pour rien, avec leur soutien actif et permanent. Mais peut-être faut-il voir au-delà : l'ébauche d'un retour, dans la musique, de la notion de plaisir partagé ? Le dernier éditorial d'Alex, dans notre bulletin "So What's New ?" de janvier, en a choqué plus d'un : certains musiciens semblent des monuments incontournables du jazz. Pourtant, ils nous gonflent... Où est le jazz quand il bascule dans la facilité commerciale ou au contraire s'embourbe dans le nombrilisme hermétique ? Le jazz est la musique de la souffrance et du plaisir. Au So What, toutes proportions gardées, les meilleurs instrumentistes, arrangeurs, compositeurs côtoient des musiciens techniquement moins avancés; mais aucun ne tombe dans la facilité, tous prennent des risques, par respect pour leur propre musique et pour ceux qui l'écoutent. Et ceux-ci ne sont pas là que pour écouter : ils partagent, évaluent, approuvent ou désapprouvent mais, toujours, ils apportent leur pierre à l'édifice. C'est un peu de la création collective. De plus en plus de musiciens souhaitent venir tester au So What leurs dernière idée d'arrangement, leur dernière compo, leur dernier CD. Et quand le respect des musiciens se combine au respect du public, la ferveur et la connivence ne sont jamais bien loin.

Donc, le So What était plein en ce dernier vendredi de janvier; plein comme il ne l'a jamais été. Certains ont passé la soirée debout, dans un couloir, tendant l'oreille pour entendre la musique, couverte par le bruit du ventilateur, sans même voir les musiciens... Une belle constance ! Côté musique, il s'agissait d'une soirée un peu familiale, avec deux groupes assez consanguins, puisque la plupart des musiciens de NABIS jouent ou ont joué avec la COMPAGNIE SO WHAT. Celle-ci a présenté, en avant-première, une partie des morceaux de son dernier CD, en cours de mixage, avec une compo d'Henri Roger, "Odyssée Celtique", et une suite de 30mn, autour d'une compo d'Alex Benvenuto qui s'appelle "Manichau" (le maréchal-férand, en provençal), du nom d'un lieu magique de la montagne du Cheïron. Mélange de free, de musique modale, d'un peu de swing... De quoi dérouter un public dont le verdict était attendu avec impatience mais qui a donné son approbation chaleureuse pour que l'expérience continue. Le groupe NABIS continue son évolution, mêlant les morceaux instrumentaux, parfois techniquement difficiles et brillamment traités, avec une couleur personnelle, et les chansons puissantes et sensuelles interprétées par Sophie Sérafino (à ne pas confondre avec celle que vous pouvez rencontrer sur sophie-serafino.com...). Très complémentaire tout çà, sans redite ni longueur. On en redemande !

Comme souvent, la soirée s'est poursuivie longuement par un boeuf détendu et sans prétention, un peu comme à la fin d'une grosse manifestation, quand tout a été réussi et qu'on se retrouve entre amis et organisateurs, pour partager paresseusement un verre bien mérité, avec un sentiment de bien-être paisible... Encore un chouette moment !

 

 

Quelques images du boeuf, au So What...

(photos : "La Noir'Rode")